Sous le givre
Prologue
Il arrive des soirs où l’hiver semble étendre son silence un peu plus loin que d’habitude. Les rues se couvrent d’une lumière pâle, les façades se figent, et la neige adoucit chaque bruit jusqu’à rendre les pas presque invisibles. Dans ces moments-là, le monde paraît retenu, comme si quelque chose se préparait dans le calme.
C’est dans cet espace-là que commence ce livre. Une nuit sans certitude, traversée d’un souffle froid qui glisse entre les immeubles et efface peu à peu le reste du jour. Tout avance à la vitesse de la neige qui tombe, lentement, sans jamais changer son rythme.
L’histoire qui suit ne s’impose pas. Elle ne raconte pas ce qu’il faut sentir, ni comment regarder. Elle se contente d’ouvrir une rue, un trottoir, une lumière vacillante. Le reste dépend des pas que l’on choisit d’y faire. Certains s’arrêtent. D’autres avancent. Parfois, un simple geste suffit à modifier ce qui se passe autour.
Ici, chaque détail compte. Un souffle plus court. Un flocon qui se pose puis disparaît. Une silhouette qui reste immobile sous un lampadaire vacillant. Un instant qui pourrait s’effacer sans laisser de trace.
Ces pages n’attendent rien. Elles n’offrent aucune promesse. Elles se contentent d’installer un décor : une nuit d’hiver, un froid qui s’étire, une présence assise contre un mur, et l’espace autour où tout peut encore basculer.
Le reste appartient au chemin que tu choisiras d’emprunter, pas à ce qui est écrit. L’hiver est là. Le silence aussi.
L’histoire commence au milieu d’eux.