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PROMENADE SUR LE CANAL DU MIDI
La toute jeune Occitanie est née de la fusion de deux régions, le Languedoc Roussillon et Midi-Pyrénées, dont le trait d’union est le Canal du Midi. Cet ouvrage navigable datant du XVIIème siècle avait pour objectif de relier l’Atlantique à la Méditerranée. Contactée par nos soins, Becon, jeune Héraultaise, nous a alors vanté les plaisirs d’une petite promenade en péniche au départ de la majestueuse cité de Carcassonne.
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Nous avions rendez-vous sur le parking de la gare SNCF de la commune fortifiée de l’Aude d’où nous pûmes aisément rejoindre l’embarcadère. Nous montâmes à bord d’une péniche touristique et nous nous assîmes à l’avant du bateau sur le pont. Le temps était frais et Becon demanda des couvertures. « La promenade va durer deux heures. Autant bien nous installer. » Lorsque le bateau fit vrombir ses moteurs, nous n’étions qu’une dizaine de personnes à bord, un couple d’Allemands avec deux enfants de quatre et six ans et plusieurs dames âgées papotant gaiement.
La visite était commentée au micro par une jeune femme d’une trentaine d’années à l’accent chantant du Sud-Ouest. Elle nous narra tout d’abord l’histoire du Canal du Midi puis nous en décrivit son dénivelé. Le point le plus haut était situé non loin de Toulouse, au seuil de Naurouze. Le canal passe ensuite par plusieurs grandes villes : Castelnaudary, Bézier, Agde, avant de se jeter à Sète dans l’Etang de Thau. Le parcours est jalonné de très nombreuses écluses.
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La promenade s’avéra très agréable entre les rangées de platanes disposées sur les berges. Le reflet du soleil sur l’eau avait inspiré de nombreux peintres impressionnistes comme Henri Matisse. Nous passâmes sous l’arche d’un vieux pont, puis longeâmes l’Epanchoir de Foucaud, une maison éclusière aujourd’hui reconvertie en gîte. Enfin, nous atteignîmes la première écluse, appelée l’écluse de la Douce. Une autre maison éclusière se trouvait à côté, indispensable à l’époque où le fonctionnement des écluses était manuel. Désormais, toutes les écluses étaient électrifiées.
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Le bateau pénétra dans le sas tandis que les portes se refermaient derrière lui. Puis le niveau commença à monter. Le couple prenait des photos tandis que les deux enfants regardaient, amusés, les aqueducs déverser de grosses quantités d’eau bouillonnantes. Les dames continuaient à papoter comme si de rien n’était. L’opération dura à peine trois minutes et le bateau put reprendre sa croisière.
De temps en temps, nous rencontrions une autre embarcation et ses occupants nous gratifiaient d’un geste de la main. Parfois, il s’agissait de cyclistes sur la berge qui s’arrêtaient pour prendre une photo. Soudain, le plus âgé des deux enfants cria quelque chose en allemand. Il venait de découvrir une famille de canards qui barbotait près de la berge. Dès que l’un de ses rejetons s’éloignait, la mère le rappelait à l’ordre.
Un demi-tour et quelques écluses plus tard, nous nous retrouvâmes au débarcadère de Carcassonne et nous pûmes admirer de loin la Cité médiévale, ses murs d’enceinte et ses nombreuses tours de guet. Nous prîmes congé de Becon, non sans la remercier de son invitation.
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Le Canal du Midi mesure 241 km et nous n’en avions parcouru seulement trois. Si vous avez deux semaines de vacances devant vous, n’hésitez pas à louer un bateau sans permis. Le dépaysement est garanti !
SOIR DE MATCH A ERNEST WALLON
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Touffujoh, tout frais toulousain, nous a donné rendez-vous ce samedi soir au Stade Ernest Wallon, véritable temple du rugby, afin de nous faire découvrir ce sport dont il est fan. Le Stade Toulousain accueillait l’Union Bordeaux-Bègles pour une rencontre de championnat du TOP14. Touffujoh s’amusa à nous faire remarquer qu’il n’avait pas choisi ce match au hasard, lui, originaire de la Gironde.
Après quelques minutes d’attente et une fouille obligatoire à l’entrée, nous voici installés dans le stade. Inaugurée en 1983, cette enceinte peut accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs. Contrairement au football, pas de kop de supporters, tout le monde est mélangé, qu’il soit fan d’un camp comme de l’autre. Touffu consulta son portable. « Nous sommes dans l’un des tout premiers stades connectés d’Europe. Grâce à la WIFI, je peux lire les compositions d’équipe. Malheureusement, ce soir, il manque les internationaux. On ne verra ni Yoann Huget, ni Gaël Fickou, ni mon joueur préféré : Baptiste Serin, un demi-de-mêlée de l’UBB. »
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Soudain, les deux équipes font irruption sur le terrain, sous les applaudissements du public tandis que le speaker s’égosille en annonçant la composition des effectifs. L’ambiance est vraiment festive. Tous les ingrédients semblent réunis pour un grand spectacle, dans les tribunes comme sur le gazon.
Le match commence. Les deux équipes engagent très rapidement un combat rugueux… parfois un peu trop. Une faute est sifflée à l’encontre des Bordelais et les locaux voient une première occasion d’ouvrir le score avec un tir de pénalité. Le stade se tait pour faciliter la concentration du joueur qui se présente face aux poteaux. Et le ballon est bien frappé, Toulouse ouvre le score : 3-0. Le stade applaudit son buteur. Quelques instants plus tard, un rush sur le côté gauche permet aux locaux d’inscrire leur premier essai. Deux autres suivront alors que le chronomètre n’affiche même pas 20 minutes de jeu. Toulouse mène 22-0 et Touffu semble abattu par le début de rencontre raté de ses protégés. Mais Bordeaux-Bègles se réveille enfin ! A leur tour, les visiteurs inscrivent des essais ! 4 au total ! L’UBB est passée devant au tableau d’affichage. 24-34. Touffu saute de joie. L’arbitre siffle la mi-temps.
Nous profitons de cet intermède pour nous rendre à la buvette et acheter un hotdog et une bière (NDLR : à consommer avec modération). Le temps de retrouver nos places et les deux équipes sont revenues des vestiaires.
| Le jeu reprend avec la même intensité. Toulouse revient au score grâce à un nouvel essai. Mais Bordeaux marque à son tour. « Non ! fait remarquer Touffu avec un brin d’amertume dans la voix. L’arbitre demande la vidéo. ». Quelques secondes plus tard, l’arbitre refuse l’essai. « Un joueur a dû gêner la défense. Les règles sont très strictes. Mais comme l’arbitre a la possibilité de regarder la vidéo avant de prendre sa décision, il n’y a pas de contestation de la part des joueurs... contrairement au football. » |
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Bordeaux mène toujours 37 à 31. Il reste cinq minutes à jouer. Les Toulousains sont tout proches de l’en-but bordelais. Le maul s’écroule sur la ligne. L’arbitre siffle et lève le bras. L’essai est accordé ! Puis transformé avec sang-froid ! Incroyable ! Toulouse a repris l’avantage d’un point : 38-37. La sirène retentit. C’est presque la fin du match, il suffit que le ballon sorte en touche pour que Toulouse valide sa victoire. Soudain, l’arbitre siffle : pénalité pour les Bordelais ! Le public gronde mais la décision est prise. Si la pénalité passe, Bordeaux gagne la rencontre. A 40 mètres, face aux perches, le hold-up semble possible. Touffu veut y croire et me serre le bras de plus en plus fort. Le joueur s’élance ! Et le ballon passe à côté ! Fin du match : tandis que je masse mon bras endolori, le stade laisse exploser sa joie et Touffu sa déception… Je remerciai vivement Touffu de m’avoir permis de découvrir un match de rugby, et plus que cela… une ambiance festive unique. « Attends ! Maintenant, c’est la troisième mi-temps ! ». Et nous voilà partis dans la Ville Rose où Touffu connait les bons plans entre bars et boîtes de nuit. Mais chut ! Ce qui s’est passé ensuite restera entre nous !
RANDONNEE DANS LES CEVENNES
Ce matin-là, nous avions retrouvé Barx et Elfenn sur le parking ombragé de La Roque-sur-Cèze, un village médiéval pittoresque du Gard entouré de forêts et de vignes. Nous garions la voiture à proximité d’un majestueux pont du 13ème siècle qui surplombait la Cèze, une rivière à l’eau fraîche et limpide.
Equipés de bonnes chaussures et d’un sac à dos, Barx et Elfenn nous attendaient. « Vous avez fait bonne route ? » s’enquirent-ils. Nous les rassurâmes. Le paysage était fantastique et valait bien une heure et demie de trajet depuis Nîmes. « Je vous propose de commencer par visiter le village médiéval, proposa Elfenn. Il est entièrement piétonnier. Ensuite, nous prendrons un sentier qui longe la rivière. »
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Ni une, ni deux, nous voici en train de déambuler dans les « calades », ces magnifiques rues empierrées, bordées de maisons parfaitement restaurées. Après être passés devant l’église, nous grimpâmes la « rue du Rompe Cul » au nom particulièrement évocateur qui débouchait sur l’ancien château du 12ème siècle. « Il y a une très jolie chapelle romane ! expliqua Elfenn. Mais l’accès est privé. Il vous faudra demander au propriétaire si vous souhaitez la visiter. »
Nous nous contentâmes du panorama particulièrement reposant qui s’ouvrait sur la vallée. « C’est magnifique, n’est-ce pas ? Nous allons redescendre et suivre la Cèze pour aller jusqu’aux Cascades du Sautadet. »
La descente fut plus aisée, et nous nous retrouvâmes rapidement sur le pont aux nombreuses arches. « Ici, expliqua Barx, la rivière peut atteindre une hauteur phénoménale lors des grosses pluies. Aujourd’hui, elle est plutôt calme mais parfois le débit est impressionnant. »
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Nous empruntâmes un chemin étroit sur environ 500 mètres avant de découvrir un relief particulièrement érodé. La roche calcaire était creusée de failles et de cavités profondes et l’eau s’y engouffrait en bouillonnant, avant de se précipiter sous forme de cascades quelques mètres plus bas. « Faites attention de ne pas trop vous approcher du bord, conseilla Barx. C’est glissant. Nous allons faire le tour par le sentier. »
Nous fîmes le tour des gorges, admirant le site tout en imaginant la puissance des courants les jours de mauvais temps. « Peut-on se baigner dans les gorges ? » Elfenn sourit : « Un peu plus loin, il y a des cuvettes avec moins de courants et la baignade y est autorisée. Mais je pense qu’aujourd’hui la température de l’eau ne doit pas excéder les 10 degrés. Toujours volontaires ? »
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Au bout d’une demi-heure de marche, Elfenn proposa de faire une pause pique-nique. Elle sortit du sac de Barx différents pâtés de sanglier et de cerf aux châtaignes, et du sien des baguettes croustillantes à souhait qu’elle avait achetées au boulanger du village. La dégustation fut le point d’orgue de la journée.
« J’espère que cette randonnée vous a plu, s’assura Elfenn tandis que nous retournions à notre voiture. Nous avons la chance que le Gard et la Lozère soient des départements naturels et protégés. Il ne tient qu’à nous que ça le reste. Cela commence par ramener tous nos déchets dans la poubelle du parking. » Et de joindre le geste à la parole.
« J’espère que vous reviendrez. Il y a tant de belles randonnées à faire dans les Cévennes. » Nous acquiesçâmes à cette sympathique suggestion. Entre nature et convivialité, l’Occitanie est décidément une belle région…
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