Horreur et survie
Élimination · Tension · Mise en scèneLes joueurs traversent des salles, subissent des choix, affrontent le hasard ou les autres participants. La narration transforme chaque élimination en événement.
« Bienvenue dans les archives de MDJ UNITED. Derrière cette porte se trouve une histoire faite de jeux, de créations, de victoires, de trolls et de rencontres. Pour avancer, vous n’aurez besoin que d’une chose : accepter de jouer. »
Le 15 avril 2016, plusieurs passionnés de Loups-Garous-en-Ligne ouvrent un nouveau hameau consacré aux animations et aux Maîtres du Jeu. Ils ignorent encore qu’ils viennent de créer une communauté, un laboratoire de concepts et une mémoire collective qui traversera plusieurs générations de joueurs.
Elle commença comme une séparation, devint un laboratoire, puis une communauté. Elle connut des victoires, des départs, des conflits, des silences et des renaissances. Voici son histoire telle que les documents, les témoignages et les souvenirs permettent aujourd’hui de la reconstruire.
Première bannière connue · 2016
Les premières années du hameau
2019–2021
Certaines archives sont factuelles, d’autres sont des récits humoristiques ou des souvenirs personnels. Lorsqu’une version reste incertaine, elle est présentée comme telle. Même les historiens de United doivent parfois affronter le boss final : la mémoire humaine.
Avant MDJ UNITED, il y avait Loups-Garous-en-Ligne, ses villages, ses hameaux et ses parties classiques. Au milieu de cet univers, certains joueurs avaient découvert une autre manière d’utiliser le jeu : non plus seulement chercher les loups, mais transformer une partie entière en émission, en aventure, en tournoi ou en récit.
Plusieurs futurs membres appartenaient alors au hameau MDJ For Life. La chronique rédigée plus tard par Vic et Tyr transforme cette période en véritable épopée : un ancien royaume, un pouvoir à défier et Barx, présenté comme un héros désireux de liberté et d’égalité.
Cette version était volontairement théâtrale. Derrière la légende se trouvait cependant une envie réelle : créer un groupe où les concepts, les talents et les idées prendraient davantage de place.
Le 15 avril 2016, la rupture prit un nom : MDJ UNITED. Ce nom exprimait déjà le programme du nouveau hameau. Il ne s’agissait pas seulement de réunir des joueurs, mais de fédérer des Maîtres du Jeu, des créateurs et des participants autour de projets communs.
Barx lança le hameau et son organisation. Les archives conservées présentent une direction composée de Barx comme maire, de Gilgropkt comme vice-maire, puis d’Elfen62, Riasu29 et usoro comme adjoints décisionnaires. Le document affirme que ces fonctions avaient été attribuées par vote.
Dès l’origine, le fonctionnement voulu était collectif. Les candidatures étaient soumises aux membres, les décisions importantes étaient encadrées et la bonne entente était considérée comme une condition essentielle à la réussite du groupe.
United ne devait pas simplement posséder des joueurs. Il devait permettre à chacun d’apporter quelque chose au jeu.
Esprit général des règles fondatricesTrès vite, United cessa d’être seulement un nom affiché sur une page de hameau. Le groupe devint une fabrique. Les joueurs reprenaient des émissions, des films, des jeux de société ou de simples idées absurdes, puis les adaptaient aux possibilités limitées du chat de LGEL.
Une partie pouvait désormais se changer en piège de Saw, en plateau de culture générale, en compétition sportive, en jeu de cartes ou en guerre entre équipes. Chicanos, Saw, Zap’Jeux, TLMVPSP, Intervilles, Coconuts, Chacun sa pomme et beaucoup d’autres concepts formèrent progressivement un catalogue considérable.
Les créations restaient attachées à leurs auteurs. Les règles interdisaient le plagiat et demandaient aux animateurs d’obtenir l’autorisation du propriétaire avant d’utiliser un concept. Certains projets étaient néanmoins rendus libres pour les membres du hameau. L’idée était simple : partager sans effacer ceux qui avaient créé.
Certains découvrirent United par une annonce. D’autres y arrivèrent presque par accident. Atr3yu, alors connu sous le pseudo Antho06t, revint sur LGEL après une longue pause et entra dans une partie de Chacun sa pomme animée par Syphir. Itsjeso lui parla ensuite du hameau et l’encouragea à déposer sa candidature.
Touffujoh suivit une autre route. Après avoir découvert les MDJ au milieu de « fioles bizarres », il participa plusieurs fois au Manoir hanté de Barx. Il remarqua les mêmes joueurs, entendit parler de leur hameau, puis finit lui aussi par postuler.
Tyrionl, arrivée en septembre 2016, connaissait déjà plusieurs joueurs avant son entrée. Timide, elle observa d’abord les conversations sur Dubtrack tout en participant régulièrement aux MDJ. Peu à peu, les pseudos cessèrent d’être de simples partenaires de jeu et devinrent des amis.
Ces parcours différents racontent la même chose : on ne rejoignait pas United uniquement pour porter une étiquette. On y entrait parce qu’une partie, un animateur ou un groupe de joueurs avait donné envie de revenir le lendemain.
Avec le temps, la vie de United ne se déroula plus seulement dans les parties. Le site conserva les règles et les palmarès. La Gazette raconta les membres, les concours, les jeux et les absurdités du quotidien. Dubtrack devint une salle commune où l’on discutait en musique. Mumble donna enfin une voix aux pseudos.
Atr3yu décrivait une habitude devenue automatique : ouvrir Dubtrack en même temps que LGEL, puis rejoindre Mumble le soir. Touffujoh affirmait même y passer parfois davantage de temps que sur le jeu lui-même. Tyrionl y retrouvait la petite bande du soir, entre conversations, dessins, jeux et révisions.
C’est là que United changea de nature. Le hameau réunissait des Québécois, des Ch’tis, des étudiants, des enseignants, des amateurs de sport, de littérature, de cinéma ou de musique. Vic et Tyr décrivirent cette diversité comme une armée improbable. Elle devint surtout la matière de véritables amitiés, et parfois d’histoires qui dépassaient largement l’écran.
Comme beaucoup de communautés très soudées, United finit par rencontrer le revers de sa propre force. Les anciens se connaissaient bien, partageaient leurs références et leurs habitudes. Pour les nouveaux, franchir cette complicité pouvait devenir difficile.
Au printemps 2018, plusieurs membres furent invités à donner franchement leur avis. Les réponses révélèrent un hameau encore apprécié, parfois décrit comme chaleureux et riche en concepts, mais traversant une période de fatigue : moins d’animations, des départs successifs et une baisse de motivation.
Certains reprochaient au groupe de paraître fermé. D’autres demandaient davantage de mentors, une meilleure communication et des rendez-vous réguliers. La vie communautaire était dispersée entre LGEL, Mumble, Dubtrack et différents espaces Discord. Chacun pouvait être présent quelque part sans savoir ce qui se passait ailleurs.
Les critiques n’effacent pas ce qui avait été construit. Elles montrent au contraire que United n’était pas une belle façade immobile. C’était un groupe humain, capable d’enthousiasme, de maladresses, d’attachement et de disputes parfaitement disproportionnées — l’écosystème naturel de toute famille numérique.
Après les années les plus actives, les archives deviennent plus fragmentaires. Les rythmes de vie changent. Les études, le travail, les départs et l’évolution de LGEL éloignent progressivement certains membres.
Pourtant, le nom ne disparaît pas. Une identité visuelle couvre encore la période 2019–2021. Des Gazettes reviennent ponctuellement. Des concepts continuent d’être joués, des archives restent accessibles et quelques anciens poursuivent la transmission.
United n’est alors plus nécessairement la grande place fréquentée de ses premières années. Il devient une trace : des règles conservées, des pseudos dans un palmarès, des messages de forum, des captures et des souvenirs que personne n’avait encore réunis dans un même récit.
Plusieurs années plus tard, Barx reprend les portes de l’ancien site. Il aurait pu effacer les anciennes pages et repartir de zéro. Il choisit l’inverse : conserver la mémoire et lui construire un avenir.
MDJ ne signifie désormais plus seulement Maître du Jeu. Le nom devient Monde des Joies. La Ludothèque accueille l’héritage des concepts. La Bibliothèque ouvre sur les récits. Le Conservatoire donne une place à la musique. L’Atelier, l’Agora, le Cabinet des curiosités, le Forum et Discord prolongent l’idée fondatrice : réunir des personnes autour de ce qu’elles aiment créer et partager.
Ce nouveau monde n’efface pas l’ancien hameau. Il existe parce que celui-ci a démontré quelque chose : avec quelques règles, beaucoup d’imagination et une quantité inquiétante de temps libre, des joueurs pouvaient fabriquer des histoires dont ils se souviendraient encore dix ans plus tard.
Ancien United, joueur extérieur, animateur, visiteur ou adversaire d’une soirée : vous pouvez transmettre une anecdote, une capture, une correction ou un document. Il n’est pas nécessaire d’avoir appartenu au hameau pour avoir participé à son histoire.
Chapitre suivant : comment United transformait une idée en jeu
Entrer dans le laboratoire →Une salle de Loups-Garous-en-Ligne pouvait devenir un plateau de télévision, un piège de Jigsaw, un stade olympique, un supermarché ou une île remplie de noix de coco. Les contraintes techniques n’étaient pas des obstacles : elles devenaient une matière de création.
Les joueurs traversent des salles, subissent des choix, affrontent le hasard ou les autres participants. La narration transforme chaque élimination en événement.
Présentateur, candidats, manches, gains fictifs et finales : le chat devenait un plateau télé où la rapidité comptait parfois autant que la connaissance.
Certaines animations construisaient une véritable hiérarchie de champions. Les scores étaient archivés, comparés et parfois défendus avec une gravité délicieusement disproportionnée.
Un concept pouvait naître d’un jeu de cartes, d’une blague, d’un film ou d’une noix de coco. L’important était de donner aux joueurs une expérience différente de la partie classique.
Treize joueurs entraient dans une première salle. Une épreuve désignait une victime, puis les survivants progressaient vers la pièce suivante. Chaque salle proposait plusieurs pièges possibles : logique, rapidité, mémoire, hasard ou choix sociaux.
Concept créé autour d’un jeu de cartes disposant d’effets spécifiques. Les joueurs devaient comprendre les pouvoirs, anticiper les réactions et parfois survivre aux décisions les plus arbitraires du paquet.
Plusieurs manches de culture générale désignaient les meilleurs candidats. La finale opposait la recrue au champion, avec une mécanique de gains inspirée de l’émission originale.
Coco-garous, coco-villageois, coco-bombes et cocofruits : les participants devaient intégrer le mot « coco » dans leurs réponses. Derrière la parodie tropicale se cachait une succession d’événements réellement structurés.
Les univers différaient, mais les créations partageaient souvent quatre ingrédients.
La création n’avait de sens que parce que des joueurs acceptaient d’entrer dans l’expérience.
Entre décembre 2017 et mai 2021, les joueurs ont été invités à sélectionner leurs MDJ préférées. Certains ont choisi une seule expérience. D’autres ont coché presque tout le catalogue, comportement scientifiquement connu sous le nom de « je refuse de trancher, débrouillez-vous ».
Pièges, salles successives, shifumi meurtrier et éliminations délicieusement injustes.
Le jeu de cartes, de pouvoirs et de recherche qui s’impose comme le concept le plus cité du questionnaire.
Épreuves, alliances, votes et conseils : la survie télévisée talonne Saw d’une seule voix.
Avec 34 citations, le concept arrive sept voix devant Saw et apparaît sur près de 45 % des bulletins exploitables.
Le classement mélange recherche de loups, survie, jeux télévisés, culture générale, stratégie et aventures scénarisées.
Cent cinquante-neuf intitulés distincts apparaissent dans les réponses. United ne reposait donc pas uniquement sur trois ou quatre concepts phares.
Chaque participant pouvait sélectionner plusieurs concepts. Les nombres indiquent donc le nombre de bulletins citant chaque MDJ et non une note sur 10. Deux réponses ne contenaient aucun choix et ont été écartées du classement.
Les concepts avaient leurs champions. Ils avaient surtout besoin de créateurs, d’animateurs et de joueurs.
United ne fut jamais une équipe parfaitement immobile. Les rôles, les responsabilités et les générations évoluèrent. Certains animaient, d’autres écrivaient, corrigeaient, accueillaient, organisaient ou transformaient une soirée banale en souvenir parfaitement inutilisable dans un curriculum vitæ.
Direction du hameau, organisation générale, gestion du site et création de nombreux concepts.
Participation aux décisions, présentation des membres et suivi des informations transmises par les recrues.
Les archives citent trois adjoints autorisés à participer aux principales décisions du hameau.
Cette organisation correspond à une version précise des règles. La direction et les fonctions ont pu changer au cours de l’histoire de United.
Anciennement Antho06t, Atr3yu rejoint le hameau le 12 septembre 2016. Après une longue pause sur LGEL, il découvre une nouvelle utilisation du jeu grâce à une partie de Chacun sa pomme animée par Syphir.
Itsjeso l’encourage ensuite à déposer une candidature. Avec le temps, il devient adjoint afin de rendre au hameau une partie de ce que celui-ci lui avait apporté.
« ZAP ! »
Dernier mot de son interviewAprès une période d’absence, Touffujoh revient sur LGEL et tombe dans une partie remplie de « fioles bizarres ». Il découvre ensuite Le Manoir hanté de Barx et remarque la présence régulière des mêmes joueurs.
Il rejoint finalement United, qu’il affirme ensuite avoir essayé de couler pendant plus d’un an, apparemment sans grand succès. Pour lui, l’âme du hameau reposait avant tout sur le rire, la discussion et le plaisir de jouer sans se prendre trop au sérieux.
Jouer pour s’amuser, rire et faire rire les autres.
Sa définition de l’esprit UnitedTyrionl rejoint United en septembre 2016. Elle connaît déjà plusieurs joueurs, mais reste d’abord discrète sur Dubtrack. Elle observe, participe aux MDJ puis construit progressivement sa place dans le groupe.
Les animations réveillent son esprit de compétition, parfois au point de placer la victoire avant le plaisir. Elle raconte ensuite avoir retrouvé un équilibre et considère les amitiés créées au sein du hameau comme bien plus que de simples relations virtuelles.
Les liens créés comptaient davantage que les brouilles souvent passagères.
Ce qui la fit resterLa candidature ressemblait moins à un bouton « Rejoindre » qu’à une petite cérémonie villageoise. Les habitants observaient la motivation, la présence et la capacité du candidat à participer à la vie du groupe.
Les archives, règlements, palmarès et récits historiques font apparaître de nombreux membres ayant participé à différentes périodes de United.
Cette liste n’est pas un classement et reste volontairement incomplète. Les futurs témoignages permettront d’ajouter les parcours, les rôles et les souvenirs sans inventer une biographie à partir d’un simple pseudo.
Quel concept vous a fait découvrir le hameau ? Qui vous a encouragé à postuler ? Quel souvenir, quelle soirée ou quelle personne vous a marqué ? Les témoignages peuvent concerner les United, mais aussi les joueurs extérieurs.
Une fois le casting réuni, United pouvait affronter le reste du monde.
Lancer United VS World →Librement inspiré d’une téléréalité — précision que son créateur jugeait apparemment nécessaire avant que la foule ne commence à lancer des légumes — le concept opposait le hameau à des joueurs extérieurs dans une succession d’épreuves empruntées aux MDJ United.
Six représentants du hameau défendent leurs concepts, leur réputation et leur droit fondamental à annoncer les règles après le lancement de la partie.
Six joueurs extérieurs à United entrent sur le plateau pour prouver que le hameau ne possède pas le monopole de la rapidité, de la culture ni des décisions douteuses.
Les équipes gagnent des points dans différents domaines. Lorsque les six épreuves du tour sont terminées, l’équipe possédant le total le plus faible doit éliminer l’un de ses propres membres.
Une question de rapidité est posée. Lorsqu’une équipe entière a donné la bonne réponse, elle obtient 1 000 points, auxquels s’ajoutent 200 points par adversaire n’ayant pas encore répondu.
1 000 points + bonusLes équipes doivent retrouver les paroles manquantes de cinq chansons. Chaque réussite rapporte 500 points.
Jusqu’à 2 500 pointsDeux questions sont posées dans chacun des domaines : histoire, géographie, littérature, cinéma et citations. Chaque bonne réponse vaut 200 points.
Jusqu’à 2 000 pointsLe Maître du Jeu choisit son propre thème et prépare cinq questions. Une bonne réponse rapporte 400 points.
Jusqu’à 2 000 pointsUne équipe en retard peut sacrifier l’un de ses joueurs et récupérer 3 000 points. La décision doit être unanime, mais l’équipe adverse choisit la personne éliminée.
3 000 pointsLes joueurs ajoutent successivement une lettre pour former un mot. La première équipe qui pousse l’adversaire à l’erreur remporte l’épreuve.
1 000 pointsChaque équipe désigne un champion. Les deux représentants interrogent le MDJ à tour de rôle et tentent de découvrir le personnage choisi.
1 500 pointsÀ partir d’une lettre, les joueurs doivent donner géographie, prénom, personnalité, marque, animal et objet dans un même message. L’épreuve comporte cinq manches.
Jusqu’à 3 000 pointsTrois joueurs différents représentent chaque équipe : un mot à réécrire correctement, un exercice de mathématiques puis une énigme du Père Fouras.
1 000 + 2 000 + 3 000 pointsLes équipes proposent tour à tour une lettre ou directement le nom du Pokémon choisi par le MDJ.
1 500 pointsLe Tour des dilemmes résume parfaitement l’esprit du concept : une équipe peut sauver son score en sacrifiant un partenaire, mais elle abandonne alors à ses adversaires le choix de la victime. Trois mille points contre un ami. Ambiance saine et apaisée garantie.
Le document historique contient deux résultats complets. Le premier conserve également une composition d’équipes clairement lisible.
Barx, Elfenn, Frija, Benchou, Note et Aulnecoeur
Forminable, Kungfu, Lynshen, Lucas6, Cutiepie5 et Shameniall
Pluton, Quentinoux, Sweetdrug, Sambrero, Chreet, Kuriboh, Nakaen, Magdalena, Oliwad, Jibay42, Pernel et Tyrionl
La mise en forme du tableau source ne permet plus d’attribuer chaque nom à son équipe avec suffisamment de certitude.
Un bonus de 10 000 points était prévu si, après les six épreuves, tous les membres d’une équipe avaient été éliminés.
Après avoir affronté le monde, les animateurs devaient encore affronter leurs juges.